L'ennemi de mon ennemi devient mon ami
Par Javarome le lundi 5 mars 2007, 20:50 - Politique - Lien permanent
Après l'avoir combattu Jean-Marie Le Pen pendant des années, les 2 candidats de la gauche et de la droite se fendent aujourd'hui d'un franc soutien à la candidature du Front National. L'absence au 1er tour de ce parti, pourtant maintes et maintes fois qualifié de "non démocrate" et "non républicain", serait aujourd'hui devenue anti-démocratique. Soudaine position de principe ou froide stratégie ?
C'est clair, avec 16,89 % du 1er tour, Le Pen représente une portion non négligeable de ceux qui votent. Il ne serait donc pas normal, en empêchant la candidature de celui-ci, de museler des millions d'électeurs. Mais qui l'empêche, hormis justement des élus du peuple ? Les maires qui avaient accordé leur signature au Front National en 2002 ont apparemment retenu la leçon... de leurs administrés. En satisfaisant une minorité (Chirac à tout de même remporté le 2nd tour avec 82 %), ils se sont attirés les foudres de la majorité. Avant celle de leur éventuels partis, les maires sont avant tout, eux aussi, sous la coupe de leurs électeurs (en fait une majorité des maires est apolitique).
C'est donc bien le peuple qui disqualifie Le Pen. Preuve en est que ce sont les partis qui aujourd'hui s'en inquiètent. Mais pourquoi donc au fait ? La ficelle est si grosse qu'elle en est presque insultante : bien sûr, 15 % de votants pour Le Pen présent au 1er tour, c'est autant que Bayrou - le risque véritable - n'aura pas. Faire pression sur des maires démocratiquement élus pour donner leur signature à l'adversaire d'un adversaire, c'est donc là que se trouve le déni de démocratie, plus qu'ailleurs. On ne sait aujourd'hui si les maires vont tomber dans le piège, mais les français, eux, n'auront pas voix au chapitre. Du moins jusqu'à ce que soit publiée la liste des 500 premiers parainages du FN.
