Petit passe-droit ?
Par Javarome le vendredi 16 novembre 2007, 18:44 - Médias - Lien permanent
Depuis le 27 février, un arrêté oblige les publicités à faire suivre leur message de mentions comme "Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé", "Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas", etc. Cela semble très bien pour notre santé et pour celle de nos enfants, et on en voit chaque jour l'application dans les publicité télévisées. Mais quid des pubs radio ?
Quelle n'est pas ma surprise en effet, d'entendre une publicité pour Kinder Bueno, semblant constituer l'exemple même de tout ce qu'il ne faudrait pas dire. Une "petite faim" y est personnifiée, titillant l'auditeur : le qualificatif "petite" est pour tout ce que l'on apprécie, comme "petite amie", etc. et il ne serait vraiment pas gentil de ne pas donner une "grande" satisfaction à cette "petite" faim.
Non seulement le message apparaît comme un appel à grignoter (à moins qu'on considère que chocolats, buicuits et autres sucreries puissent constituer des repas), mais en plus il n'est même pas suivi du maintenant traditionnel avertissement pour la santé. Mais que fait le BVP ? Le Ministère de la Santé ?

Commentaires
L'arrêté dont tu parles est déjà vraiment discutable. On peut vraiment se demander l'effet qu'a sur un enfant la juxtaposition systématique de messages contradictoires: ne va-t-il pas finalement associer le produit présenté à une solution aux problèmes dont justement on cherche à le prévenir? On notera, de plus, que ce message ne touche, au mieux, que les enfants qui savent lire! Autrement dit, une fois arrivé à l'age de 6 ou 7 ans, ils sont déjà intoxiqués par les pubs pour de la nouriture qui, si elle leur plait, n'en est pas moins mauvaise pour leur équilibre alimentaire. Tout ça n'est donc qu'un énorme cadeau pour les puissants lobbies de l'agro-alimentaire (un de plus?): une mesure qui ne les contraint à rien et donc l'efficacité est plus que douteuse... Le gouvernement de l'époque leur aurait-il servi la soupe?
Salut Meloo,
Il est vrai que l’article L2133-1 du Code de la santé publique (qui prévoit l’insertion de messages sanitaires dans les publicités en faveur de boissons avec ajouts de sucres, de sel ou d’édulcorants de synthèse ou de produits alimentaires manufacturés, et qui s’applique aussi aux messages radio-diffusés) n'apparaît pas adapté aux enfants trop jeunes pour le comprendre. Il faut toutefois noter (et cela expliquerait son absence dans certaines publicités) que les annonceurs, s'ils peuvent déroger à cette obligation, doivent en compensation verser une contribution à l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé. Cette contribution est destinée à financer la réalisation et la diffusion d’actions d’information et d’éducation nutritionnelles (dans les médias concernés, mais aussi au travers d’actions locales) qui elles peuvent être adaptées à un type particulier de public, A ce titre on peut citer l'exemple des dessins animés publicitaires "manger bouger" pour les enfants.