Le bonhomme, c'est James Hansen, directeur de l'institut Goddard pour les Etudes Spatiales de la NASA, et décrit comme son "meilleur climatologue" par la dépêche de l'AFP. En 2006, le Times le listait dans ses "100 personnes les plus influentes dans le monde".

Hansen dit 2 choses. Tout d'abord, la situation est plus critique qu'on nous le dit. Le niveau dangereux de CO2 dans l'atmosphère (385 parts/million) n'est pas à venir, il a déjà été atteint. Ensuite, que la situation ne risque pas de s'arranger dans la mesure où l'influence des fournisseurs des énergies fossiles, celles qui créent du CO2 (le pétrole, et le charbon dont on commence à relancer l'exploitation), est énorme. Le problème est que 90 % de l'énergie consiste en des carburants fossiles. C'est un business tel qu'il a imprégné notre gouvernement, déclare Hansen. L'industrie trompe le public et les policitiens sur la cause du changement climatique. C'est comparable à ce que les fabriquants de cigarettes ont fait. Ils savaient que fumer provoquait le cancer, mais ils ont engagé des scientifiques pour dire que ce n'était pas le cas. Pour lui, les mêmes armes que celles employées contre les cigaretiers pourraient se révéler les seules efficaces contre cette compromission supposée : l'action en justice.

Mais pourquoi Hansen sort-il tout d'un coup du bois, comme çà, à crier au complot et à l'apocalypse, en marge d'autres scientifiques ? Dans cette situation particulière, nous avons atteint une crise, comme s'il avait détecté une faille dans la navette spatiale et qu'il ne pouvait faire autrement que de la signaler avant son décollage. Les gens qui doivent savoir ignorent le statut véritable du problème, la gravité du problème et, plus important encore, l'urgence du problème. Et les solutions, peut-être plus drastiques, peut-être plus urgentes, qu'il conviendrait de prendre. Les usines à charbon par exemple, devraient selon Hansen être totalement fermées d'ici 2030, et leurs émissions fortement taxées d'ici là.

John Howard, ancien premier ministre de l'Australie, présent lors de la déclaration de Hansen alors que ce dernier recevait alors le prix du Common Wealth pour son travail, réagit plutôt positivement, alors qu'il avait refusé de signer le protocole de Kyoto quand il était aux affaires : Je pensais que ce n'était pas la bonne politique à l'époque parce que les émetteurs principaux [de GES] n'étaient pas présents. Il y a besoin d'un nouveau protocole de Kyoto avec tous les émetteurs majeurs impliqués.