Il était temps de mettre à jour le dossier dédié aux crop circles, en :

  • rappelant les faits exacts de cas "anciens" :
    • le fameux récit du "diable faucheur", rarement donné dans son intégralité, qui, comme son nom l'indique relate du blé fauché (et non couché) suite à une dispute entre propriétaire et ouvrier. L'ouvrier demandait trop, le propriétaire du champ lui dit qu'il se passerait de ses services à l'avenir. L'ouvrier se rendit compte du marché crucial qu'il perdait pour pouvoir vivre et abaissa son prix jusqu'au ridicule, mais le propriétaire ne voulu plus rien savoir. Comme par magie, le lendemain matin, le champ du propriétaire était fauché "gratuitement".
    • le cas de "Assen" (en fait Alsacien) en 1590, souvent cité comme exemple de crop circle ancien, mais qui d'après l'enquête de Théo Paijmans concerne en fait plus un cercle d'empreintes (rond de fées/de sorcières) qu'un crop circle.
    • les traces décrites dans le courrier des lecteurs de Nature en 1880, apparemment météorologiques.
  • présentant un extrait du guide 2004 des fameux Circlemakers, dont on parle souvent comme exemples d'auteurs de ces agroglyphes, mais dont on a rarement lu la prose.
  • ajoutant le fameux "céréalogiste" Colin Andrews à la liste des acteurs de ce domaine.

Également, un retour sur le fameux "rasoir d'Ockham", souvent instrument "universel" d'évaluation de théories pour le rationalisme, mais dont le véritable scepticisme reconnait les limites et même dangers. Pour exemple :

  • Phil Molé, qui en 2003 ose faire entendre une voix discordante dans le journal Skeptic, arguant que le fameux rasoir pouvait "couper des deux côtés", et qu'au final "se baser sur la parcimonie ne nous mènera pas tous aux mêmes conclusions".
  • Dieter Gernert, de l'Université Technique de Munich, parle en 2007 de son usage  inadéquat, citant une phrase du livre de Bunge ("En science, comme chez le barbier, mieux vaut être vivant et barbu que rasé de près mais mort") pour décrire les dangers du prétendu "outil". Paradoxalement, le phrase fait tout autant écho à la motivation rationaliste de l'instrumentaliser : mieux vaudrait éviter un changement risqué (i.e. qui ne réponde pas à un critère universel d'évaluation de théorie) que de prendre le risque de se tromper (ce qui tuerait la science selon cette idée).

Enfin une pièce cruciale dans le dossier des mutilations de bétail : le rapport Rommel. Peu connu ou peu cité, il éclaire d'un jour bien moins mystérieux l'ensemble du problème. M'aurait-on dit à une époque, avant la lecture de ce rapport, que la quasi-totalité des cas sont le fait de prédateurs et charognards que j'aurai bien rigolé, certain de disposer de nombreux arguments : et comment expliquez-vous la précision chirurgicale ? le choix des organes ? les animaux contournant les carcasses ? la décomposition très lente (ou très rapide) ? Les pattes cassées ? Les bêtes apparemment "marquées" à l'avance, voire droguées ? L'observation d'ovnis ou mystérieux hélicoptères silencieux alentours ? Kenneth Rommel est un enquêteur particulièrement expérimenté (on le sent bien à la lecture du rapport), ayant travaillé 28 ans pour le FBI (que ceux qui arrêtent leur lecture à cette mention maudite se raisonnent et jugent sur des arguments à leur contenu plutôt qu'à qui les prononce) et ayant été nommé à la tête d'une enquête de police de 1 an sur les mutilations animales au Nouveau Mexique. Il a examiné l'ensemble des critères des "mutilations classiques" dans les cas anciens (1975-1979) ainsi que ceux intervenant durant son enquête (1979-1980) dans son état de prédilection (Nouveau Mexique) mais aussi dans d'autres. Eh bien, comment dire, je crois qu'il n'y a pas d'autres mots : il démonte tout. De A à Z. Rien de bien nouveau me direz-vous, ce n'est pas le premier démontage (debunking) que l'on voit. Oui mais là, c'est convaincant. Chaque point est réfuté, après les autres, de manière factuelle. Les interprétations infondées, erreurs, malhonnêtetés même parfois, sont révélées. Imparable. Une lecture et une référence utile donc, pour se débarrasser en ufologie de ces sujets connexes qui la polluent et pouvoir se concentrer sur ce qui fait son coeur.