Ce n’est pas le medium (livre, internet, etc.) qui fait la qualité d'une information, c’est la méthode pour la constituer. 

Sur RR0 le but étant de fournir un maximum d'information, cela implique, non pas de "trier" l'information (séparer les "bonnes" des "mauvaises", voire ne pas diffuser ces dernières) mais de les présenter de manière complète et donc contradictoire (mentionner les différentes analyses qui en sont faites). Le "tri" est donc laissé au lecteur, à qui on donne tout ce que l'on a pu collecter.

Ceci étant dit, on peut faire des recommandations générales pour fournir une information de qualité. Il s'agira d'évaluer :

  • son contenu (sa cohérence, sa quantité)
  • sa source (quelle est-elle, qu'implique-t-elle ?) 
  • son analyse (contradictoire)

Plus précisément, on peut mentionner  :

  • pour le contenu : 
    • la quantité d'information : plus il y a d'éléments vérifiables dans une information, plus celle-ci pourra être rendue solide ou au contraire invalidée. Avoir moins d'éléments que ce que l'on serait en droit d'attendre (lieu, date/heure, témoins si anonymat garanti, etc.) peut arriver dans une source secondaire mais une source primaire doit être capable de fournir toute donnée demandée. Si ce n'est pas le cas, on pourra suspecter qu'il s'agit d'une stratégie pour éviter la vérification/l'invalidation d'une fausse information. Typiquement une photo/video sans information de contexte aura peu de crédibilité.
  • pour la source : 
    • remonter à une source originelle ("primaire"), c'est-à-dire s'assurer que la donnée que l'on va traiter (texte, image, video, etc.) a subit le moins de déformations possibles (un texte peut avoir été réinterprété, tronqué, etc. une image détourée ce qui enlève un contexte utile à l'explication, etc.). Cela pourra impliquer de trouver un texte dans sa langue d'origine par exemple et vérifier si la traduction qu'on en a eu (contemporaine ou ancienne) est correcte.
    • Une fois cette source trouvée chercher si d'autres sources indépendantes (d'autre sources qui ne font que relayer la première n'ont aucune valeur) apportent une confirmation (et plus probablement un enrichissement) de l'information. Si aucune autre source n'est disponible, cela signifie pas forcément que l'information est à jeter en soi ("Testis unus testis nullus" comme le rappelait Hynek), mais qu'elle sera très difficile à valider, et qu'elle restera peu crédible a priori. On peut alors tout de même essayer d'estimer : 
      • la crédibilité de la source en examinant :
        • quel est l'historique d'informations vérifiables/invérifiables fourni par cette source ? Par exemple être témoin unique à de nombreuses reprises d'événements rares ("repeaters") peut-être suspect, selon que l'on adhère ou non au principe des "contactés".
        • quelle est la réputation de cette source, c'est-à-dire quel est le bilan de fiabilité de son historique d'informations ? Si vous constatez que la source est une chaîne Youtube dont la plupart des vidéos ont déjà été expliquées, vous serez a priori suspicieux quant à la dernière qu'elle vient de publier. 
      • la crédibilité de l'information par rapport à la source unique : par exemple si l'événement présenté est censé avoir été observé par beaucoup de gens (phénomène haut dans le ciel dans une zone suffisamment peuplée par ex) on pourra trouver suspect qu'un seul témoin se soit manifesté. 
  • pour l'analyse :
    • Ne pas oublier de prendre en compte l'influence du contexte : le texte examiné fait-il partie d'un corpus plus large qui peut éclairer son interprétation ? Dans le cas d'un événement historique en particulier, où les "codes" et usages n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, il est facile d'interpréter trop littéralement un événement.
    • Elaborer une analyse contradictoire : comme il est difficile de se débarrasser de ses propres biais d'interprétations ("de confirmation" notamment), il faut élaborer une synthèse des différentes analyses de l'information pour en fournir une évaluation suffisamment objective. Par exemple si l'on est a priori séduit par une information il faudra se forcer à chercher si quelqu'un l'a déjà identifiée comme étant un canular et jauger ses arguments en faveur de cette hypothèse qu'on n'avait pas privilégiée. Dans le cas des affirmations extraordinaires (ovnisparanormalsurnaturel...) la démarche inverse est plus difficile, puisque il est impossible de prouver que quelque chose n'existe pas, n'est pas un canular, etc. On se reportera alors plutôt aux éventuelles contestations d'explications (debunkage de debunkage) qui pourraient expliquer pourquoi telle explication n'est pas valide.
    • Si vous choisissez de proposer votre propre analyse en plus de celles d'autres, assurez-vous d'une compétence/expérience suffisante dans les domaines requis (physique, photographie, histoire, etc.).
    • Incluse dans cette démarche doit également être une ouverture aux critiques, corrections du travail finalement présenté (i.e. si l'on a présenté une synthèse incorrecte, incomplète il faut le corriger).

Un exemple ? Prenons le cas du "Discours des terribles et espouvantables signes apparus sur la mer de Gennes", un récit très connu chez les ufologues d'une bataille contre des envahisseurs venant du ciel aux environs de Nice. On trouve alors que :

  • aucun témoin n'est identifié ;
  • aucune confirmation par aucun autre récit indépendant, ce qui est anormal pour un événement de cette ampleur ;
  • la source est une interprétation "soucoupe + aliens" d'un texte plus ancien ;
  • même la source originelle est un "canard" dont le but n'était de relater un événement réel.